Baptême du Seigneur

Posted January 12, 2026

Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui. (Matt. 3,13)

Soudain, l’enfant né à Bethléem apparait devant nous comme un homme qui a quitté sa maison à Nazareth, sa vie de famille, son métier d’artisan et les paysages familiers de Galilée pour retrouver le prophète Jean, qui baptisait de l’autre côté du Jourdain. Qu’est-ce qui a poussé Jésus à abandonner sa vie paisible ? Quels rêves nourrissait-il dans son esprit et dans son cœur lorsqu’il a quitté sa maison et sa mère ? Pourquoi recherchait-il avec tant d’insistance le baptême de Jean ?

Ce sont des questions auxquelles Lui seul peut répondre. Mais je ne peux m’empêcher de partager cette lettre d’un prêtre espagnol, José Luís Cortés, dans laquelle il tente de reconstituer les sentiments de Jésus à ce moment de sa vie. Elle est adressée à Marie, sa mère, et Jésus y explique ce qui l’a conduite à quitter sa maison.

« Chère mère, quand tu te réveilleras, je serai déjà parti. Je voulais t’épargner les adieux. Tu as déjà beaucoup souffert et tu souffriras encore davantage. Il fait nuit tandis que je t’écris. Je veux te dire pourquoi je pars, pourquoi je te quitte et pourquoi je ne reste pas à l’atelier à fabriquer des cadres de portes ou de chaises pour le reste de ma vie.

Depuis trente ans, j’observe les habitants de notre ville et j’essaie de comprendre pourquoi ils vivent, pourquoi ils se lèvent chaque matin et avec quel espoir ils s’endorment chaque soir. Jean et, avec lui, la moitié des habitants de Nazareth rêvent de devenir riches et croient que plus ils possèdent de biens, plus ils seront comblés. Le chef de la ville et les autres placent le sens de leur vie dans l’acquisition de plus en plus de pouvoir, dans le fait d’être obéi par un plus grand nombre de personnes et dans la possibilité de disposer de l’avenir des autres. Le rabbin et ses disciples ont déjà renoncé à tout effort de croissance et se justifient en disant que c’est la volonté de Dieu. (…) »

Parfois, Mère, quand la trompette retentissait sur la place et que les gens accouraient de tous côtés, je fixais mon regard sur leurs visages, attendant avec anxiété et ferveur une bonne nouvelle. Ils auraient donné la moitié de leur vie pour que quelqu’un de l’extérieur ouvre une brèche dans leurs murs. J’avais envie de me tenir parmi eux et de crier : « La bonne nouvelle est arrivée ! Le Royaume de Dieu est en vous ! La meilleure nouvelle viendra de vous ! Pourquoi continuez-vous à dire que vous êtes boiteux alors que Dieu vous a donné des jambes de gazelle ? »

Je me sens consumé par la plénitude de la vie, Mère. Je suis embrasé par un feu qui me transporte et me pousse à annoncer aux gens des nouvelles simples et magnifiques que personne ne dit (et si quelqu’un le fait, il est immédiatement censuré). Je veux embraser le monde de cette flamme ; dans chaque recoin, il y aurait la vie, mais la vie en abondance. Je sais déjà que je suis un charpentier sans diplôme et que je viens d’atteindre l’âge de prendre la parole en public. Je ne verrais pas d’inconvénient à attendre plus longtemps, à réfléchir davantage, à être plus mûr, à « faire ma synthèse théologique » (…).

Mais… il y a trop de malheur, Mère. Trop d’aveugles, trop de pauvres, trop de gens pour qui le monde est un blasphème contre Dieu. On ne peut pas croire en Dieu dans un monde où les hommes meurent et ne sont pas heureux… à moins d’être du côté de ceux qui donnent leur vie pour que tout cela n’arrive pas ; pour que le monde soit tel que Dieu l’a voulu (…).

Mais le témoignage biblique ne dit pas qu’en arrivant chez Jean, Jésus voie les cieux s’ouvrir. De ces cieux ouverts, une voix inaugure un dialogue définitif entre le ciel et la terre, qui est, lui-même, la personne de Jésus. En Lui et par Lui, Dieu s’ouvre irréversiblement à l’humanité et devient un Dieu qui dialogue, marche, caresse, reconnait, interroge et aime du début à la fin. C’est en Lui et par Lui que tous nos baptêmes ont lieu. C’est en ce Jésus, Fils bien-aimé, ciel sur terre et horizon de mystère et d’amour de Dieu, que nous sommes continuellement transformés en fils et filles bien-aimés.

Célébrons le baptême de Jésus, en reconnaissant qu’il y a aussi un Jourdain pour chacun de nous, simples êtres de terre et d’humanité, aussi étonnants que fragiles. Un Jourdain où les cieux s’ouvrent et déclarent sans cesse, face aux joies et aux peines qui nous affligent, qu’il y a un Fils bien-aimé, un don de Dieu. Une possibilité de vivre sur cette terre fragile et belle, dans la certitude d’un ciel ouvert par Dieu. Un appel à croire et à recréer de nouveaux jours, porteurs d’espérance, à venir. Jésus a vu les cieux s’ouvrir.

Serons-nous capables de les voir aussi ?

C’est ce feu sacré que Jésus-Christ est venu apporter sur terre, et qu’il désire voir régner dans tous les cœurs, afin que, fondus dans ce feu d’amour, ils ne fassent plus qu’un dans la charité. (GS/8/VIII/81/A)

Sr. Luísa Maria Almendra, RSCM

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